So sorry (now please watch)
Entre humour et malaise, So sorry (now please watch) est un duo théâtral grotesque, grinçant qui dissèque la mécanique de ces vidéos d’excuses. Corps qui dérapent, visages qui s’effondrent, émotions qui débordent: le spectacle rejoue, détourne et pousse à l’extrême ces confessions publiques.
- 19-30 janvier 2027 Théâtre du Jura — Delémont, CH
La metteuse en scène et comédienne jurassienne Arianna Camilli s’intéresse au phénomène des vidéos d’excuses qui circulent en nombre sur les réseaux sociaux depuis quelques années. Des confessions publiques où les youtubeur·ses, artistes, politicien·nes se filment, seul·es face caméra, pour répondre à des accusations, souvent d’agressions sexuelles. Devenues un genre à part entière, ces vidéos obéissent toutes aux mêmes codes: mise en scène du remords, pointe ou torrent d’émotions, grands discours. Il ne s’agit pas tant de s’excuser que de sauver les meubles, et surtout son nombre de followers… La pièce met à nu la manipulation médiatique de l’émotion, tourne en dérision la fausse intimité des réseaux sociaux et interroge la notion de pardon à l’ère numérique.
“Je me souviens de l’intensité scénique d’Arianna Camilli lorsqu’elle s’est présentée au concours d’entrée de la Manufacture (j’étais dans le jury ; quelque chose d’Adjani, me suis-je dit, même s’il est vain de comparer les actrices). Une intensité qui l’a accompagnée ensuite dans tous ses rôles et performances. Je suis heureux que le Théâtre du Jura accompagne dans ses murs cette création au sujet on ne peut plus d’aujourd’hui. Et impatient aussi.”
— Denis Maillefer
Bio
Arianna Camilli, a graduate of La Manufacture in Lausanne, has carved out a unique space where the boundaries of performance and theater dissolve. Their work is fundamentally an investigation into the « friction » of human existence — the tension that exists between text and movement, the tragic and the comic, and the rigid structures of society versus the fluid potential of the individual. By rejecting disciplinary silos, Camilli explores the body as an unstable zone, one that is constantly being written upon by sound, voice, and social expectation. Central to this practice is a profound interrogation of the rules that govern how we use our bodies. Camilli posits that our most ordinary gestures, postures, and habits are not natural, but are instead « embodied choreographies » of dominant norms. The most distinctive tool in Camilli's arsenal is the concept of the « bug » or the « glitch » — a deliberate method of metamorphosis, the moment where the imposed language of society fails, allowing for a trembling of genres and categories. Ultimately, Camilli's work moves toward a state of transformation rather than representation: the stage is not a place to show a fixed image of the world, but a space to actively escape it.
